16/05/2014

Traversée du Lac, un partenariat public-privé OUI - Un simple financement privé NON

topelement.jpgLe Grand Conseil genevois vient d’accepter une motion demandant au Conseil d’Etat d’étudier un partenariat public-privé pour la traverser du Lac.

Excellente décision pour autant que cela soit un partenariat sur un projet global et non pas juste un financement.

En effet, quel intérêt a une collectivité qui peut emprunter à l’heure actuelle à des taux d’environ 1% de se faire prêter de l’argent par des financiers à des taux de 8%. Je comprends bien l’intérêt des banques et assurances, mais pas celui de l’Etat.

Le partenariat doit se faire avec des promoteurs-entrepreneurs. Une traversée du Lac va engendrer la mise à disposition de surfaces et d’espaces qui devront être valorisés par des privés qui en contrepartie des surfaces misent à disposition redistribuent tout ou partie de leurs bénéfices à l’Etat pour financer l’amortissement de l’ouvrage.

L’exemple le plus compréhensible est le péage, c’est l’utilisateur privé qui finance la traversée. Des revenus peuvent aussi provenir de l'exploitation de panneaux solaires ou d'éoliennes dans le cas d'un pont.
Les aménagements des rives proches de la traversée vont pouvoir être valorisés pour des activités économiques. Nous pouvons imaginer un port, une base nautique mais aussi des parkings qui devront être en lien avec des connexions en mobilité douce et des transports publics qui devront pouvoir utiliser l’ouvrage. Toutes autres idées créatives sont également bonnes à étudier.

Que le Conseil d’Etat prenne la bonne direction pour mettre en avant un partenariat public-privé avec des promoteurs-entrepreneurs, ceux qui créent de la valeur ajouté, plutôt que des financiers qui voient dans ce partenariat une très belle opportunité… pour eux.

Laurent Seydoux
Vice-président suisse des Vert’libéraux
Président des Vert’libéraux genevois

 

15:43 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Il ne fait pas de doute que le partenariat public privé peut offrir des avantages importants par rapport à la solution classique de la complète maîtrise d’ouvrage par une collectivité publique. Le partenaire privé d’un PPP assure le financement de la construction de l’ouvrage et de son exploitation pendant une durée convenue, par exemple 50 ans. Ce sont les rétributions qu’il perçoit pendant la durée d’exploitation de l’ouvrage qui lui remboursent sa mise de fonds et le coût de l’exploitation, les intérêts et lui procurent un bénéfice. Un avantage non négligeable pour la collectivité publique, c’est qu’il supporte l’essentiel des risques : techniques et financiers.

La rétribution du partenaire privé d’une PPP lui est acquise, souvent, par la perception d’un péage. En Suisse, cette solution est en principe contraire à la Constitution. Pour éviter cet écueil, il est envisagé de simplement compter les passages, et de rétribuer sur cette base le partenaire privé par l’Etat.

Dans un cas comme dans l’autre, ce sont essentiellement les Genevois qui paieraient : dans le premier cas, celui du péage, ils paieraient l’essentiel du coût et de l’exploitation parce que ce sont eux essentiellement qui seraient les usagers de la traversée ; dans le second, ce seraient eux encore qui paieraient, par leurs impôts.

Si la traversée du Lac était payée par la Confédération, qui prend en charge l’entier de l’extension du réseau des routes nationales, les Genevois ne paieraient rien.

La Confédération a refusé l’automne dernier d’inscrire la traversé du Lac, telle qu’imaginée par le Gouvernement genevois, dans le réseau des routes nationales. Elle a établi des méthodes permettant de mesurer objectivement l’intérêt national d’abord, les intérêts régionaux ensuite, de chaque extension prévue, afin de répartir sa manne judicieusement, et équitablement.

C’est là qu’a trébuché le projet genevois : 1. le détour projeté entre le Vengeron et Vallard n’offre aucun intérêt national. 2. l’intérêt régional de ce détour par des zones peu habitées paraît lui aussi bien mince.

Pour que Confédération accepte d’inscrire la traversée du Lac dans le réseau national, il suffit de lui proposer le tracé le plus court entre Le Vengeron et Vallard. Son utilité nationale est manifeste, son utilité régionale aussi, tant il est évident qu’un périphérique autoroutier aussi éloigné de l’agglomération ne contribuerait guère à réduire ses problèmes de circulation.

C’est ce que propose le projet Genève Route & Rail, longuement décrit dans mon blog de la TdG. Il ne coûtera rien aux genevois.

Rodolphe Weibel
Ingénieur EPFL
Lausanne

Écrit par : Rodolphe Weibel | 16/05/2014

Pourquoi ne pas demander à nos voisins français de participer au financement de cette traversée ? Après tout, ils sont aussi concernés afin de pouvoir se rendre à leurs boulots sans problèmes !

Écrit par : Gedeon Teusmany | 21/05/2014

Les commentaires sont fermés.